Auto-entrepreneur ou micro-entreprise, vous ne savez plus quel terme utiliser ? Est-ce la même chose ? Y a-t-il une différence juridique importante à connaître avant de vouloir exercer une activité seul ?
Cette confusion est normale, car les deux termes sont souvent utilisés l’un pour l’autre. Cet article met fin au doute et vous explique tout ce qu’il faut savoir sur le statut unique qui se cache derrière ces deux noms, avec les chiffres et règles à jour pour 2025.
La Réponse : Aucune Différence, le Statut a Simplement Changé de Nom
Soyons clairs dès le début : il n’y a aucune différence juridique entre un auto-entrepreneur et un micro-entrepreneur. C’est exactement la même chose. Le terme « auto-entrepreneur » est l’ancienne appellation qui reste très populaire dans le langage courant.
Depuis le 1er janvier 2016 et la loi Pinel, les régimes de l’auto-entreprise et de la micro-entreprise ont fusionné. L’objectif était de simplifier les choses. Aujourd’hui, la terminologie officielle est la suivante :
- Le micro-entrepreneur désigne la personne, l’entrepreneur qui a choisi ce statut.
- La micro-entreprise désigne le régime simplifié lui-même (fiscal et social).
- ❌ Ancien terme (usage courant) : Auto-entrepreneur
- ✅ Terme officiel (depuis 2016) : Micro-entrepreneur (la personne) / Micro-entreprise (le régime)
Vous pouvez donc utiliser « micro-entrepreneur » sur vos documents officiels. Personne ne vous en voudra d’utiliser « auto-entrepreneur » dans une conversation.
Le Régime de la Micro-Entreprise en 5 Points Clés
Maintenant que la terminologie est claire, regardons comment fonctionne ce régime simplifié. La micro-entreprise est en réalité une option au sein du statut de l’Entreprise Individuelle (EI). Elle permet de bénéficier d’obligations comptables, fiscales et sociales allégées. C’est idéal pour tester une activité ou pour démarrer sans complexité administrative.
1. Les Plafonds de Chiffre d’Affaires à ne pas Dépasser
Pour bénéficier du régime de la micro-entreprise, votre chiffre d’affaires annuel (le total de ce que vous facturez, hors TVA) ne doit pas dépasser certains seuils. Ces plafonds dépendent de la nature de votre activité.
Attention, si vous créez votre entreprise en cours d’année, le plafond est ajusté au prorata temporis. Par exemple, si vous lancez votre activité de prestations de services le 1er juillet, votre plafond pour cette première année ne sera pas de 77 700 € mais de la moitié.
| Type d’activité exercée | Plafond de CA annuel HT (2025) | Catégorie fiscale |
|---|---|---|
| Vente de marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place, ou fourniture de logement (hôtellerie, chambres d’hôtes, meublés de tourisme). | 188 700 € | BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) |
| Prestations de services commerciales ou artisanales. | 77 700 € | BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) |
| Professions libérales et autres prestations de services. | 77 700 € | BNC (Bénéfices Non Commerciaux) |
2. Le Régime Micro-Social : Des Cotisations Simplifiées
L’un des plus grands avantages du statut de micro-entrepreneur est le régime micro-social. Le principe est simple : vous payez des cotisations sociales uniquement sur le chiffre d’affaires que vous encaissez. Si votre chiffre d’affaires est de 0 €, vous ne payez aucune cotisation sociale.
Ces cotisations sont calculées en appliquant un taux fixe à votre chiffre d’affaires. Ce taux varie en fonction de votre activité. Vous devez déclarer votre CA tous les mois ou tous les trimestres (au choix) sur le site de l’URSSAF.
| Type d’activité | Taux de cotisations sociales (2025) |
|---|---|
| Achat / Vente de marchandises (BIC) | 12,3 % |
| Prestations de services commerciales et artisanales (BIC) | 21,2 % |
| Autres prestations de services et professions libérales (BNC) | 21,1 % (CIPAV) ou 21,2 % (SSI) |
| Location de meublés de tourisme classés | 6 % |
Ces cotisations couvrent votre assurance maladie-maternité, les allocations familiales, l’invalidité-décès et votre retraite de base et complémentaire. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter la page officielle sur le régime social du micro-entrepreneur.
3. Le Régime Micro-Fiscal : Abattement ou Versement Libératoire
Pour l’imposition de vos revenus, le régime micro-fiscal vous offre une grande simplicité. Vous n’avez pas besoin de calculer votre bénéfice. L’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire pour frais professionnels sur votre chiffre d’affaires :
- 71 % pour les activités d’achat-vente.
- 50 % pour les prestations de services BIC.
- 34 % pour les BNC.
Le montant restant est ensuite ajouté aux autres revenus de votre foyer fiscal pour le calcul de l’impôt sur le revenu. C’est l’option par défaut.
Cependant, sous certaines conditions de revenus, vous pouvez opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Cela vous permet de payer votre impôt en même temps que vos cotisations sociales, en appliquant un faible pourcentage supplémentaire sur votre CA. C’est souvent une option intéressante si vous êtes imposable.
| Type d’activité | Taux du versement libératoire |
|---|---|
| Achat / Vente de marchandises (BIC) | 1 % |
| Prestations de services (BIC) | 1,7 % |
| Activités libérales (BNC) | 2,2 % |
Pour en savoir plus sur ces deux options, la page sur le régime fiscal de la micro-entreprise est une ressource fiable.
4. La Franchise en Base de TVA
Par défaut, un micro-entrepreneur bénéficie de la franchise en base de TVA. Cela signifie que vous ne facturez pas la TVA à vos clients. C’est un avantage concurrentiel, surtout si vos clients sont des particuliers. En contrepartie, vous ne pouvez pas récupérer la TVA sur vos achats professionnels.
Ce régime s’applique tant que votre chiffre d’affaires ne dépasse pas certains seuils, légèrement inférieurs aux plafonds du régime micro. Il existe un seuil de tolérance (seuil majoré) qui, s’il est dépassé, vous oblige à facturer la TVA dès le 1er jour du mois de dépassement.
| Type d’activité | Seuil de franchise | Seuil majoré |
|---|---|---|
| Vente de marchandises | 91 900 € | 101 000 € |
| Prestations de services | 36 800 € | 39 100 € |
5. Des Obligations Comptables Allégées
La comptabilité d’une micro-entreprise est très simple. Vous n’avez pas besoin de faire de bilan annuel. Vos seules obligations sont :
- Tenir un livre des recettes : un registre qui liste chronologiquement toutes vos rentrées d’argent, avec la date, le montant, l’origine et le mode de règlement.
- Tenir un registre des achats : obligatoire uniquement pour les activités de vente de marchandises et de fourniture de logement.
- Ouvrir un compte bancaire dédié à votre activité si votre chiffre d’affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives.
Ces obligations simplifiées vous permettent de vous concentrer sur votre cœur de métier sans avoir besoin d’un expert-comptable au quotidien.
Que se Passe-t-il en cas de Dépassement des Plafonds ?
Si vous dépassez les plafonds de chiffre d’affaires de la micro-entreprise pendant deux années consécutives, vous sortez du régime simplifié. Pas de panique, ce n’est pas une sanction, mais une évolution normale de votre activité. Votre entreprise grandit, et son cadre juridique doit s’adapter.
Vous basculez alors automatiquement au régime réel d’imposition de l’Entreprise Individuelle. Cela implique des changements importants :
- Comptabilité plus complexe : vous devrez tenir une comptabilité complète (bilan, compte de résultat).
- Assujettissement à la TVA : vous devrez facturer la TVA et la déclarer.
- Calcul des cotisations et impôts : ils ne seront plus calculés sur votre chiffre d’affaires, mais sur votre bénéfice réel (CA – charges).
Cette transition se prépare. Si vous approchez des seuils, il peut être judicieux de consulter un expert pour anticiper les changements. Pour plus de détails, vous pouvez vous référer à la fiche sur le régime réel d’imposition.
Tableau Comparatif : Micro-Entreprise vs. EI, EURL et SASU
La micro-entreprise est un régime, pas un statut juridique à part entière. C’est une option au sein de l’Entreprise Individuelle (EI). Mais comment se situe-t-elle par rapport à d’autres formes juridiques pour entreprendre seul, comme l’EURL ou la SASU ?
Pour vous aider à voir plus clair, voici un tableau comparatif des statuts les plus courants pour se lancer seul. Cela vous donnera une idée des principales différences en termes de protection, de fiscalité et de régime social.
| Critère | Micro-Entreprise (Régime de l’EI) | Entreprise Individuelle (Régime réel) | EURL (Société) | SASU (Société) |
|---|---|---|---|---|
| Dirigeant | Entrepreneur Individuel | Entrepreneur Individuel | Gérant associé unique | Président associé unique |
| Régime social | Travailleur Non Salarié (TNS) – Régime micro-social | Travailleur Non Salarié (TNS) – Régime réel | Travailleur Non Salarié (TNS) | Assimilé-Salarié |
| Fiscalité (Impôt) | Impôt sur le Revenu (IR) – Micro-fiscal | Impôt sur le Revenu (IR) – Régime réel | IR ou Impôt sur les Sociétés (IS) au choix | IS (par défaut) ou IR (option) |
| Capital social | Aucun | Aucun | 1€ minimum | 1€ minimum |
| Patrimoine | Séparation automatique des patrimoines perso/pro | Séparation automatique des patrimoines perso/pro | Patrimoine de la société distinct | Patrimoine de la société distinct |
FAQ – Auto-entrepreneur vs Micro-entreprise
Pour finir, voici les réponses aux questions les plus fréquentes sur ce sujet.
Est-ce qu’on peut être auto-entrepreneur et salarié ?
Oui, vous pouvez tout à fait cumuler le statut de micro-entrepreneur avec un contrat de travail salarié. Il faut cependant respecter certaines conditions : votre contrat de travail ne doit pas contenir de clause d’exclusivité et vous ne devez pas exercer une activité concurrente à celle de votre employeur (obligation de loyauté).
Quel terme utiliser sur mes factures : auto-entreprise ou micro-entreprise ?
Aucun des deux n’est obligatoire. Sur vos factures, vous devez faire apparaître votre nom et prénom, car c’est la dénomination légale de votre entreprise. Depuis 2022, il est également obligatoire d’ajouter la mention « EI » ou « Entrepreneur Individuel » juste avant ou après votre nom. Par exemple : « Jean Dupont EI ».
Micro-entreprise et entreprise individuelle, est-ce différent ?
Oui, et c’est un point clé à comprendre. L’Entreprise Individuelle (EI) est un statut juridique. La micro-entreprise est un régime fiscal et social simplifié, optionnel, de l’Entreprise Individuelle. Quand vous créez une micro-entreprise, vous créez en fait une Entreprise Individuelle qui opte pour le régime micro. Si vous dépassez les plafonds, vous restez un Entrepreneur Individuel, mais vous passez au régime réel.
